Perte de la connaissance

Raison de la perte de la connaissance de la merveilleuse tête.

Au temps de Courbet, on pouvait accéder à cette merveille naturelle en cheminant par un passage inférieur menant au fameux Géant. Pendant plus de 120 ans, les visiteurs débouchaient sur la rive opposée de la Salentze, donc quasiment impossible de distinguer le monstre de pierres.

Le sentier a été détruit la les crues de la rivière impétueuse. Le pont de bois ancien a été lui aussi emporté. Le lieu a été protégé du temps et voilà que cette merveille naturelle a été oubliée.

 

 

Le Baron Langlade, autrefois hôte du Casino de Saxon avait composé ce délicieux poème qui commençait par :

Baron Joseph-Henri Girot de Langlade

Baron Joseph-Henri Girot de Langlade

Quel est ce brillant météore qui rayonne autour de Saxon ?

Est-ce une radieuse aurore qui vient éclairer l’horizon ?

Quel aspect enchanteur vient éblouir la vue !

La cohorte des arts est ici descendue.

Un Dieu bénit Saxon et dresse tout autour

Le plus brillant de ce séjour;

Le directeur, ce Roi de la métamortphose

Nous fait voir tout couleur rose

La belle grotte de Saillon:

Site extraordinaire et vraiment romantique

Par ses ombrages frais, sa cascade magique,

Ses stalactites purs et ses riches beautés

Qui comme un talisman brillent de tous côtés

…Où l’oeil ému découvre

Le beau panorama qui sur les Alpes s’ouvre

Et vous laisse à loisir contempler ses coteaux

Dignes de défier les plus beaux pinceaux:

Le Mont-Blanc, Chamonix, le Simplon, le Mont Rose

Et tous ces hauts glaciers que la vapeur arrose.

Saxon, tu vas grandir plein d’un beau souvenir,

Tu charmeras l’écho des siècles à venir,

Et sous ton directeur qui te tient lieu de père,

Tu feras de ces lieux une retraite chère.

 

 

 

Le Directeur Joseph Fama (1853-1877) / Texte tiré de Les eaux et les jeux de Saxon / Annales Valaisannes, 33ème année, 1958 / par Th. Montagéro-Fama

 

Joseph Fama, Directeur du Grand Casino de Saxon

Joseph Fama, Directeur du Grand Casino de Saxon

Homme énergique et entreprenant, M. Fama réussit à donner à la station un développement imprévisible et prodigieux. Il assainit les abords de l’Etablissement des Bains, les agrandit, leur adjoignit un vaste hôtel qui fut inauguré en 1855, ainsi qu’un luxueux Casino abritant salle de théâtre et de concert, salles de jeux : roulette, petits chevaux, etc. Il sut aussi acquérir de nou- veaux terrains et en faire un domaine de 35 000 toises.

Devenu bourgeois de Saxon et naturalisé Valaisan en janvier 1853, les qualités administratives de M. Fama ne tardèrent pas à le faire appeler à des charges communales. C’est ainsi qu’il fut élu à la présidence de la Commune à la fin de la même année.

M. Fama fit bientôt appel à M. Bigi, de Paris, et lui remit la direction de l’Etablissement des Bains, avec les dépendances, les terrains ainsi que la concession des Jeux pour laquelle, en no- vembre 1855, il demanda au Grand-Conseil l’autorisation de transfert. Cette autorisation lui fut accordée à condition que M. Bigi prît domicile en Valais.

Bains de Saxon

Bains de Saxon

Affiche Bains de Saxon Collection / www.musees-vs.ch

Affiche Bains de Saxon

Le passage de M. Bigi à la tête des Etablissements ne fut pas de longue durée. A la suite de plusieurs faits notoires, il s’attira, de tous côtés, des reproches justifiés, et M. Fama lui-même, atteint par ces attaques, lui retira la concession et fonda, en 1861, la Société anonyme de Saxon-les-Bains. M. Fama dut à nouveau assumer la direction.

Le 26 mars, les Statuts étaient déposés à l’Etat pour homologation . Les buts de cette Société étaient : « La vente des eaux de la source, l’exploitation de la roche, s’il y a lieu, de l’Hôtel ainsi que des terrains qui font partie de l’Etablissement ».

Le fonds social fut fixé à 400 000 francs fédéraux, dont M. Fama recevait pour ses apports fr. 300 000.— d’actions au porteur.

Le Conseil d’Etat homologua ces Statuts le 29 mars 1861. Le droit de sceau prélevé était de fr. 200.—.

De cette date jusqu’en 1864, la gérance des établissements fut confiée à deux actionnaires, MM. J. B. Deffaux et N. V. Lange. Leur gestion n’avait pas dû être sans reproches car, le 20 mars 1864, M. Fama, possesseur de la majorité des actions, convoquait une assemblée générale qui eut lieu à Sion. Il ressort de la minute du notaire Joseph Zermatten, les décisions suivantes :

1) MM. J. B. Deffaux et N. V. Lange ne sont plus considérés gérants de la Société, dont ils ne sont plus même actionnaires ;

2) M. Joseph Fama remplacera ces deux Messieurs comme gérant responsable ;

3) toutes les actions de la première émission devront être contresignées par le nouveau gérant .

D’après une minute du notaire Ferdinand de Montheys du 3 juin 1865, il s’était constitué une Société du Casino des Bains de Saxon. Mais, dans sa séance du 20 juin 1865, le Conseil d’Etat refusa d’homologuer les Statuts de cette Société, prétextant que «l’existence du Casino n’est que tolérée comme dépendance de l’Etablissement des Bains. De ce fait, elle ne peut faire l’objet 22 d’une concession distincte » .

Saxon-Les-Bains, Grand Hôtel des Bains

Saxon-Les-Bains, Grand Hôtel des Bains

C’est pourquoi, le 24 juin 1865, une nouvelle Société était fondée, sous la dénomination de Société des Bains et du Casino de Saxon. Elle groupait les deux activités, soit l’exploitation des Bains ainsi que la concession des Jeux accordée en janvier 1848 par le Gouvernement valaisan, Société dont le capital social fut porté à fr. 600 000.—. La location du Casino avec son mobilier, ses jeux et la jouissance des jardins, etc, fut fixée à fr. 12 000.— par an.

Ces Statuts reçurent l’approbation du Conseil d’Etat, avec la réserve que la durée de la Société ne pourrait excéder celle de la durée de la concession des jeux, soit jusqu’au 24 janvier 1878.

Saxon fut de 1865 à 1877 à l’apogée de sa renommée. La localité vit affluer tout un monde cosmopolite, fasciné par les jeux, illusionné par les gains faciles. Et les rumeurs ne tardèrent pas à attirer sur elle l’attention publique et celle des autorités. Remous qui provoquèrent une violente campagne de presse et finirent par des interventions auprès des autorités fédérales.

En effet, si les Jeux apportaient certains avantages matériels,

ils engendraient aussi la démoralisation et compromettaient le bon renom du pays.

Ces forces conjuguées aboutirent à l’interdiction des jeux de hasard par la Constitution de 1874, et le soir du dernier jour de l’année 1877, le croupier dut prononcer pour la dernière fois : « Les jeux sont faits… rien ne va plus !… »