Lettre autographe signée à ses parents Paris, 15 juillet [1870]

GUSTAVE COURBET (1819-1877) 
Lettre autographe signée à ses parents 
Paris, 15 juillet [1870] 
4 p. sur 1 double f. in-8 (20,9 x 13,5 cm) 

Importante lettre autographe signée de Courbet à ses parents au début de la guerre franco-prussienne de 1870. La mobilisation générale vient d’être approuvée par la Chambre et la déclaration de guerre ne va plus tarder : « La guerre est déclarée, les paysans qui ont voté oui vont la payer cher. Tout en débutant on va tuer cinq cent mille hommes, et ça n’est pas fini […] » Morbide présage de la série de défaites que la France s’apprête 
à subir. 
Mais curieusement, c’est une autre affaire qui occupe le peintre, son refus de la Légion d’honneur. Maurice Richard, alors ministre des Beaux-Arts avait proposé Courbet pour l’attribution de cette décoration, sans en prévenir le peintre. Par décret du 18 juin 1870, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Après l’annonce de la nouvelle, Courbet publie une tribune, le 23 juin suivant, dans la revue Le Siècle pour refuser la distinction. 
Dans la présente lettre, Courbet rapporte à ses parents les différentes réactions que son geste a suscité : «. J’ai reçu trois cents lettres de compliments comme jamais de la vie homme au monde n’a rien reçu. 
De l’avis de tout ce monde je suis le premier homme de France. M. Thiers 
m’a fait venir chez lui pour me faire ses compliments, je reçois jusqu’à des princesses pour le même but, et une m’a donné un dîner de 80 ou 100 personnes pour me féliciter. C’était toute la presse de Paris et les savants. Il faut que je tienne mon chapeau dans la main comme les 
curés le long des rues. » 
Courbet n’a pas attendu la Commune pour défendre ses positions politiques, en art comme dans la vie. 

Provenance : 
– Ancienne collection Fumey (timbre humide “Fumey, avoué à Besançon”) 

Petits trous sans gêne pour la lecture du texte, restaurations le long des pliures, timbre humide et 1 chiffre au stylo bleu au 1er f. sur le texte

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